Je ne voulais plus en entendre parler pour me préserver et ne plus avoir mal. Mais la vie en a décidé tout autrement. Bientôt un an que papa est parti, qu'il nous a quitté à tout jamais. Après une longue période de coma, après être resté prés de lui durant toute cette période, il est parti au bout de 7 mois et demi. Je suis revenue près de lui dès que j'ai su et il n'a jamais repris connaissance.
Une longue période de silence s'était installée entre lui et moi. Sa compagne (de mon âge) l'avait entrainée dans la spirale infernale de l'alcool. J'ai essayé de venir vers lui, mais rien n'y a fait, l'alcool me l'avait enlevé une fois encore. Alors j'ai du prendre la décision de protéger mes enfants et moi aussi.
Alors que j'avais pris la décision de revenir encore une fois, avant que je ne vienne, un appel m'a averti qu''il venait d'avoir une crise cardiaque et qu'il était plongé dans un coma. Je suis aussitôt venue à lui et je me suis occupée durant toute cette période, de ma s½ur, mon frère et leur mère. Quand papa est parti, j'ai été insulté de tout les noms d'oiseaux,j'ai été harcelée au téléphone de jour comme de nuit, reçue des menaces de mort... Alors que je n'avais jamais cessé de penser à lui, je me suis entendue dire que je ne méritais pas de porter son nom. Bref un calvaire...
J'étais en dépression ++ et dans une anorexie complète. Je ne dormais plus de peur d'entendre le téléphone, je ne sortais plus de peur de les voir venir. Je sursautais dès que quelqu'un sonnait à la porte. Je ne vivais plus qu'avec la peur au ventre. Plus de 22 kg de perdus en quelques mois. Le médecin m'a interdit d'assister aux obsèques de peur que mon c½ur lâche car ma tension était trop faible. Heureusement que ma Titounette était là pour m'aider, mes enfants et mes proches, car je ne sais pas si je m'en serais sortie seule. Merci aussi à toi Valou d'avoir étais si présente durant et après cette dure période.
Depuis peu, ma petite s½ur de 17 ans m'envoie des messages et des lettres. Je ne voulais pas répondre, mais je me suis rendue compte qu'elle était vraiment malheureuse. En fait, sa mère continue de boire et a eu plusieurs aventures depuis le décès de papa. Personne ne se rend compte de son mal-être et ses appels vers moi, sont des appels au secours. Alors je la tiens à bout de bras par le biais du téléphone car nous habitons trop loin l'une de l'autre. Je sais qu'elle va bientôt partir en internat pour ses études et j'espère qu'elle y sera bien afin de vivre autre chose que ce cauchemar.
Je pense fort à elle, et j'espère qu'elle pourra s'en sortir car je ne peux rien faire de mon côté...
J'avais juste besoin de dire ce que je ressentais car c'est difficile pour moi à vivre. Il y aura un an le 25 juillet prochain que papa est parti, et je n'ai pas pu lui dire que je l'aimais et les raisons de mon silence... sauf dans son coma, là je lui ai parlé...
Tu me manques papa, chaque jours qui passent ...
Elfyra